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Pourquoi Camélia Jordana est-elle victime d’une vague de haine ?

Ce samedi soir, dans la première d’après-confinement de l’émission de Laurent Ruquier, l’artiste Camélia Jordana n’a pas hésité à expliquer pourquoi « elle a peur des flics », arguments étayés à la clef :

Vague de haine d’une certaine partie de la population (il suffit d’aller voir sous le tweet la déferlante nauséabonde qu’elle reçoit), allant jusqu’au ministre de l’intérieur, Christophe Castaner.

« Je parle des hommes et des femmes qui vont travailler tous les matins en banlieue et qui se font massacrer pour nulle autre raison que leur couleur de peau, c’est un fait », avait-elle déclaré sur France 2. « Il y a des milliers de personnes qui ne se sentent pas en sécurité face à un flic, et j’en fais partie. Aujourd’hui j’ai les cheveux défrisés, quand j’ai les cheveux frisés, je ne me sens pas en sécurité face à un flic en France. Vraiment. Vraiment ».

Est-ce que la vérité est dure à entendre, est-ce faux, est-ce de la stigmatisation anti-flics (spoiler : non) ? Ce n’est pas la première fois que la police française est pointée du doigt. Dernier cas, il remonte au dimanche 26 avril dans le département francilien de la Seine-Saint-Denis. La cause ? La diffusion d’une vidéo montrant un groupe de policiers tenant des propos racistes et offensants à l’issue d’une interpellation dans la Seine, avec la phrase sans équivoque : « un bicot comme ça, ça ne nage pas. »

Chez nos confrères de La Croix, Sofiane Achatib, délégué syndical de l’Unsa-Police, déclarait que « ces images font mal. Mais on ne peut se contenter de répondre par une enquête interne sans aborder plus largement le sujet du racisme dans la police. » Pour ce gardien de la paix, les formes de racisme, xénophobie, et même des discriminations liées à la sexualité ou au genre restent tabous. Et de rajouter : « On ne quantifie pas précisément les incidents qui sont signalés, en interne ou en externe ». Il suffit de taper « racisme dans la police » dans votre navigateur internet préferé pour quantifier des soupçons, faits ou vidéos.

D’ailleurs, le journaliste et documentariste David Dufresne s’en est fait la spécialité, avec son mot-dièse #AllôPlaceBeauvau qui relayait les violences policières, bévues et autres moult dérapages lors des manifestations des Gilets Jaunes, notamment. Et le journaliste a d’ailleurs réagi sur Twitter à propos de cette « affaire » :

Et plus près de notre région, en plein coeur même, à Tours, la police s’est déjà distinguée de manière fort peu glorieuse.
Suite à un canular de l’équipe d’Action Discrète de Canal +, on a donc découvert que, visiblement, certains membres des forces de l’ordre sont bien en accord avec les idées extrémistes du Front National. Cela date de janvier 2011, à l’occasion du quatorzième congrès du Front National.

Reportage de TV Tours, de janvier 2011, à propos des propos d’un policier tourangeau.

Et pour voir le « canular » qui s’est avéré être le début d’un sentiment anti-police à Tours (ou qu’une braise qui a ravivé les flammes ?), c’est ici :

Vidéo intégrale du canular, où l’on entend distinctement l’agent de police dire « moi, votre festivité, j’ai rien contre. J’aime bien l’esprit de votre fête. (…) On a une extrême-gauche à Tours, c’est des anti-tout ». Un des humoristes de relancer « ils font pas la différence entre une ratonade et une ratonade », le policier de répliquer, sur un ton accordé : « déjà. ».
Une ratonade étant une opération mafieuse pour virer des habitations ou tuer des personnes qualifiées de « raton », arabes en douteux argot.

Camélia Jordana a donc probablement mis le doigt sur une plaie qui était quelque peu oubliée. Gageons que cela réveillera quelque peu les consciences, même si ce n’est pas la première fois qu’une personnalité médiatique signale les violences policières, malheureusement sans réel effet sur les principaux concernés.

Enfin, ce dimanche soir, la principale concernée, qui vient de sortir un super titre d’ailleurs, n’a pas hésité à réagir et mettre en pause un peu tout cet afflux.

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