Les bus de Bourges passent enfin à l’ère moderne

Le réseau Agglobus n’avait pas connu un tel changement depuis plusieurs dizaines d’années.
Un bus Mercedes-Benz hybride gaz/électricité, scène habituelle du réseau berruyer

Situé dans le cadre d’un appel à projet lancé par le ministère de la Transition écologique, ce projet intègre une réflexion en deux volets : le déploiement d’un bus à haut niveau de service (BHNS) multilignes, et l’aménagement d’un pôle d’échanges multimodal (PEM) à la gare de Bourges.

L’agglomération de Bourges va enfin passer à l’ère moderne. Longtemps après des villes de taille comparable, le réseau de transport en commun va évoluer fortement à l’horizon 2025, voire 2030. En effet, il y aura deux changements forts et remarquables : la création d’un hub en gare de Bourges, intégrant ainsi trains, cars, bus et mobilités douces, ainsi qu’un réseau de bus à haut niveau de service, nommé BHNS. Ce dernier sera réalisé sur les lignes A, B, C, 2 et, dans une moindre mesure, au sud-ouest de Bourges, sur les lignes 4 et 8.


Jean-Michel Guérineau, président d’Agglobus, ajoute : « AggloBus et ses partenaires ont conçu ensemble ce projet original de réseau de bus à haut niveau de services multilignes, intégrant une navette en site propre, afin qu’il soit adapté aux enjeux d’une agglomération de taille moyenne (…). Il s’agit pour le syndicat d’apporter une réponse forte à la fois aux enjeux d’équité sociale, territoriale et environnementaux, en rendant les transports collectifs accessibles, attractifs et performants, tout en les plaçant au coeur d’une chaîne d’intermodalité optimale. Ce projet permettra également de transformer des secteurs clés de l’agglomération. Il participera pleinement au renouvellement des quartiers prioritaires (Nouveau Plan de Renouvellement Urbain) et à la revitalisation du coeur patrimonial de la ville centre (…).»

Ce double projet est estimé à 62,4 millions d’euros hors taxes, et représente un itinéraire global de 40 km de voirie (hors lignes 4 et 8). On le sait, dans tout projet de revalorisation du réseau de transport en commun, ce budget peut rapidement exploser, comme à Tours lors de l’inauguration de la première ligne de tramway le 31 août 2013. La ligne de Navette du Centre Ville, qui deviendra une ligne de transport collectif en site propre (TCSP), reliera à terme la gare à la zone Baudens. C’est donc un véritable changement global qui est annoncé, alors que le réseau devrait devenir gratuit d’ici septembre 2023.

Mais ça va changer quoi, concrètement ?

Un BHNS, ou BusWay à Nantes, Tempo à Bourges, Cristalis à Lyon, Lianes à Caen (etc), c’est un bus qui roule sur une voirie qui lui est réservée (au moins sur 50% du linéaire), avec des priorités au feux, une amplitude horaire de 5h30 à 23h ou 0h (au moins), et une cadence horaire serrée, entre 6 et 9 min maximum (théoriquement, à Tours ou à Nantes, les écarts peuvent être ressérés à 3min en heure de pointe). Globalement, c’est une sorte de pré-tramway d’un point de vue qualitatif, mais sans la capacité d’emport ni le confort de la propulsion électrique (théoriquement aussi, puisqu’il existe des trolleybus qui capte l’énergie en permanence, comme à Lyon, ou sur des batteries, comme à Nantes).

Deux modèles de BusWay nantais.
A gauche, un bus bi-articulé de 24m de long fonctionnant à l’électricité (notez le rechargement en cours).
A droite, un bus au gaz, comme fonctionnant à Bourges d’ores et déjà, articulé dont l’aménagement intérieur est proche d’un tramway.

Après plus de quinze ans sans avoir acheté d’autobus articulés neufs (trois exemplaires d’occasion roulent en « renfort » scolaire (sic)), Agglobus va enfin s’adapter et revenir à la formule articulée, au moins pour la ligne A (espérons que les lignes B et 2 passent également à l’articulation, à moins que le syndicat de transport ne souhaite devenir une boîte de sardines géantes ?). Ajoutez à cela des passages plus tardifs (il est vrai que 19h40, c’est particulièrement tôt..), ainsi que le dimanche (règle siné qua non pour être labellisé BHNS), et vous obtiendrez un réseau qui a pour ambition de faire fléchir la circulation automobile.

Un bus relativement récent, acheté au réseau de Lyon, pour assurer les « Doublages »… Ne serait-il pas mieux en circulation quotidienne et permanente sur des lignes fortes ? Notez qu’il est équipé de la climatisation intégrale, ce que l’ancien maire P. Blanc disait que « non, ça n’existe pas, c’est faux ».
La preuve que le politique ne peut pas toujours parler sans savoir, car ça se voit rapidement.

L’autre grand item de ce mouvement global concerne le secteur de la gare, déjà bien desservi mais fort mal construit. Ainsi, la gare SNCF deviendra le principal pôle d’échanges multimodal, avec les bus, une zone vélo, une salle de repos pour les conducteurs de bus, une « Maison des mobilités » regroupant une location de vélos, un atelier de réparation et une antenne de l’office de tourisme, des quais dédiés aux liaisons SNCF et régionales Rémi, ainsi qu’une amélioration des conditions d’attente pour les voyageurs.

Un Renault PR 180.2, le dernier bus articulé neuf acheté pour du service régulier… Il y a plus de 20 ans de cela !

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