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Radio Antigone

Une biennale d’art archi-bien et archi-proche (c’est possible, et féministe !)

Et oui, c’est possible. Et pas besoin de carte Kiwi, puisque c’est à Vierzon.
Vous avez bien lu, à Vierzon. Fief communiste décrié et souvent moqué, et pourtant, c’est ici que le Fonds Régional d’Art Contemporain de Centre Val-de-Loire pose ses valises féministes (et ses oeuvres grandioses) jusqu’au 1er janvier 2023.

Un FRAC, ça existe dans chaque région de France. C’est à la fois un musée ouvert à tout public (ici, à Orléans) et aussi, un vivier incroyable d’oeuvres qui sont envoyées un peu partout dans le monde pour être montrées au public. Les missions des FRAC sont la constitution d’une collection d’art contemporain, mettant l’accent sur la création actuelle, sa diffusion et sa sensibilisation en région, en France et à l’étranger.

L’organisme régional a opté pour une approche atypique : transformer sa collection en un questionnement transversal, un champ de réflexion ouvert et un réservoir d’idées sur l’architecture de demain en réunissant art contemporain et architecture expérimentale de 1950 à nos jours.

Et, grande fierté, le FRAC Centre est une des trois plus importantes collection d’art et architecture au monde après le Centre Pompidou de Paris et le MoMA à New York.
Excusez du peu.

Infinie Liberté, un monde pour une démocratie féministe : 3 mois et demi pour changer le monde, serait-ce suffisant ?

Dédiée à l’invitation exclusive d’une cinquantaine d’artistes et d’architectes femmes, la 3ème Biennale du FRAC Centre-Val de Loire est fondée sur l’égalité et l’inclusion. Plusieurs lectures sociales, militantes et artistiques participent à la fabrique d’un monde nouveau : féministe, inclusif, réactif et réaliste. Une grande partie des œuvres sont pensées par les artistes et architectes à l’occasion d’un dialogue avec la ville de Vierzon : son histoire, son présent, ses habitant.e.s et ses rêves de futurs.

De plus, la Biennale se déplace partout dans la ville : de l’emblématique B3 à l’avenue de la République en passant par l’Espace Rollinat, l’art et l’architecture sont partout en ville, pour s’imprénier d’une atmosphère réelle, directe, en prise concrète avec son monde immédiat. Trois paysages se dessineront à travers la ville : un parcours urbain, l’exposition Le Monde bâti des Femmes à l’espace Maurice Rollinat et le Tiers Féminisme, à la fois lieu de débats et programmation culturelle.

Le Ciné Lumière propose par ailleurs une programmation riche et éclectique, tel que l’excellent film Elise ou la Vraie Vie projeté ce mercredi après-midi en présence du fils du réalisateur Michel Drach, devant un public présent, ému et profondément conquis par les problématiques féministes, de genre, d’identitéS et de culture (être autre par rapport à une norme, mais quelle norme ?)

Les lieux vierzonnais de la Biennale du FRAC. Notez l’immensité des lieux et l’ouverture à toute la ville. Ce n’est pas si fréquent en région Centre…

Quelques chiffres pour poser les bases.

Nous trouvions important que chaque artiste invité.e soit mentionné dans notre article.
Voici donc la liste remarquable, avec des noms que vous devriez connaitre. Mais, laissez vous surprendre…

Ana María Arévalo Gosen Louisa Babari Sophie Berthelier & Véronique Descharrières Agence d’architecture Bientôt Tatiana Bilbao Flora Bouteille & Victor Villafagne Iwona Buczkowska Pascale Cassagnau et Michel Drach Clémentine Chalançon Katharina Cibulka Collectif Offence Dorian Degoutte Rokhaya Diallo Alice Diop Penda Diouf Férielle Doulain Juliet Drouar feminist architecture collaborative Renée Gailhoustet Habibitch Zaha Hadid Clarisse Hahn Angela Hareiter Anne Houel Mai Hua Saba Innab Flora Jamar Mouna Jemal Siala Hanna Kokolo Cécile Le Talec Mireia Luzárraga & Alejandro Muiño (Takk) Grace Ly Brigitte Mahlknecht María Mallo Zurdo Ovidie Flavie Pinatel Anna Ponchon Anila Rubiku Leïla Saadna Mairea Seguí Buenaventura Pascale de Senarclens Giovanna Silva Ségolène Thuillart Laure Tixier Lindsey Tramuta Elvira Voynarovska Madelon Vriesendorp & Teri Wehn-Damisch

Infinie liberté, un monde pour une démocratie féministe est la première Biennale en France dédiée à l’invitation exclusive d’artistes et architectes femmes. Un acte fondateur est donc né à Vierzon.

La liberté guide les réflexions des artistes et architectes de la Biennale à la recherche d’une définition renouvelée pour une démocratie inclusive, plurielle et consciente des inégalités qu’il nous faut combattre. Si la crise écologique exige de nous de reconsidérer l’égalité entre les humains et la Nature, que les crises migratoires ordonnent l’acceptation d’une citoyenneté globale pour une planète partagée, le combat pour l’égalité des femmes et des hommes, et celle de tous les genres, reste premier. Il nous faut être féministes pour nous accepter enfin dans notre diversité et être capables d’affronter les défis à venir.

Ana María Arévalo Gosen, Prison Campos II, Maracaibo, décembre 2018
© Ana María Arévalo Gosen.

Placer la Biennale dans le sillage des féminismes c’est créer les conditions d’une réappropriation du réel avec un nouvel imaginaire où les déterminismes patriarcaux disparaîtront à terme. La Biennale sera continuellement dédiée à l’invitation exclusive des créatrices. C’est, nous le pensons et nous y croyons, l’unique chemin pour l’acceptation des différences de genres, d’origines et de confessions.

Quelles villes et quels programmes d’urbanisme sont pensés par et pour les femmes ? Quels mécanismes mettre en place pour sortir cette production artistique de l’invisibilité ? Quelle relecture de l’histoire des arts au prisme des féminismes ? Quelle société voulons-nous dans un monde incertain ? La Biennale n’a pas pour prétention de donner des réponses. Cependant, cet évènement de taille nous propose toustes de dessiner l’archipel nécessaire pour entamer le chemin. Il réunit artistes et architectes, citoyen.ne.s et politiques. Les œuvres resteront à Vierzon comme autant de traces et d’hommages aux créatrices et aux habitant·es.

María Mallo Zurdo, Archipelago, 2022
© María Mallo.

Olympe de Gouges, Lettre au peuple, 1788-1789


Le féminisme, avec sa grande diversité, car il n’y a pas une seule voie féministe, se décline au pluriel. La question des droits, de la citoyenneté et de l’émancipation des femmes est posée à travers des luttes politiques, sociales et anticoloniales depuis plusieurs centaines d’années.

Si cette Biennale souhaite dépasser sa seule relation à l’histoire de l’art et se saisir du concept de démocratie féministe pour renouveler la lecture de la discipline, elle nécessite alors de s’interroger sur les nouvelles pratiques de citoyenneté paritaire, de la place des femmes dans la construction des villes et l’aménagement des territoires. C’est en prenant en compte l’Histoire des vierzonnaises que les invité.e.s tentent de relever le défi. Considérer leur existence sociale, leur place dans la sphère publique, par l’éducation, l’économie, la sociabilité, le travail et se préoccuper de leur rôle dans la fabrique du réel devient l’enjeu premier de cette Biennale. Ce n’est qu’au prix de cette égalité que nous pourrons affronter la crise écologique et celle plus profonde de l’acceptation de notre citoyenneté planétaire.
Le Tiers Féminisme correspond à un refuge pour la diversité des féminismes, constitué par la somme des « délaissées », des « mis au banc ». Pensé comme un forum de débats, d’idées et d’actions, artistes, architectes femmes, autrices et citoyen.ne.s sont invité.e.s à interagir et à exhumer cette réserve.

Mireia Luzárraga (TAKK), Dôme de cohabitation, 2022
© TAKK.

Nous allons vous tenir informé.e.s sur Facebook et Twitter de tous les évènements majeurs de cette Biennale.
Notez, cependant, quelques informations majeures à retenir…

Toutes les infos sont sur le site du FRAC Centre Val-de-Loire.
Les visites sont possiblesn et gratuites !, du mercredi au dimanche de 10h à 12h puis de 14h à 18h.
Il existe aussi des balades commentées les samedis 1er, 8, 15 octobre, 12 ovembre et 10 décembre à 15h30, sur réservation au 02 38 15 49 61.
Une balade sonore autout de l’oeuvre Vivante de Ségol!ne Thullard aura lieu le 28 septembre, le samedi 8 et mercredi 12 octobre prochains, également sur réservation.

Le weekend prochain (23, 24 et 25 septembre, donc) aura lieu un weekend foufou autour d’une Carte Blanche
organisée par Rokhaya Diallo de vendredi à dimanche.

Le vendredi 23 à 20h à la Décale, une lecture de Pistes… de et avec Penda Diouf.
Le samedi 24, ciné-débat à 14h30 autour du film Les Rivières de et avec Mai Hua au Ciné Lumière puis à 18h avec le film La parisienne démystifiée avec Grace Ly, Rokhaya Diallo et Lindsey Tramuta.
Enfin dimanche 25, attention aux mâles en manque d’égo mal placé :
> « La Normativité des Corps dans l’hétéropatriarcat blanc », une conférence avec Grace Ly, Rokhaya Diallo et Lindsey Tramuta dès 11h à la Décale puis à 15h30, rendez-vous au même endroit avec l’excellente Habibitch pour une conférence dansée nommée Décoloniser le dancefloor.

Tout cela est entièrement gratuit et ouvert à tout le monde !

Pourquoi redire que cela est ouvert à tout le monde ?
Pour certain.e.s, malheureusement, l’art et l’ouverture sont deux mots vulgaires, éloignés, incompréhensibles, lointains.
La proposition offerte par le FRAC vient casser ces codes. Venir habiter le B3 est signe d’une profonde envie d’ouvrir l’art et la liberté aux habitant.e.s, comme celle de faire venir des personnes renommées qui connaissent leur sujet -au contraire de moult médias !-, et sont ouvertes à la discussion, aux envies, au débat, à la réalité.

L’art est réel. L’art est partout. L’art est global.
L’architecture aussi. L’architecture est le fondement d’une société d’ailleurs, depuis l’agora grecque.

Une Infinie Liberté est aussi la vôtre.
Emparez-vous d’elle et faites en quelque chose de grand.

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